Exclusif : interview de Léonard de Vinci

Léonard de Vinci et Amboise. Touraine, Val de Loire Exclusif : interview de Léonard de Vinci

Publié le 28/01/2016

Il y a 500 ans, le génie italien Léonard de Vinci était en route pour un long voyage, depuis l’Italie vers Amboise. Dans quel état d’esprit ? Mystère, dont nous tentons de nous approcher via une vraie fausse interview !

Entretien conduit par Florian Mons

Comment vous sentez-vous à Amboise, Maître ?

J'ai les soucis de mon âge, mais je suis ici comme un coq en pâte. Le roi et la reine me vouent une affection sincère et je ne regrette pas d'avoir accepté l'invitation que me fit sa majesté, en décembre 1515, à Bologne. Le roi me visite très souvent et nous passons de longs moments ensemble. Il lui arrive même de m'appeler « mon père » ! Mais je lui pardonne très volontiers cette familiarité ; il m'a nommé Premier peintre, ingénieur et architecte du roi.

Comment s'est passé votre voyage depuis Florence ?

Ce fut une longue mais belle expédition. Les Alpes à dos de mulet au printemps, je conseille, même à 63 ans ! La vallée d'Aoste, le col du Bonhomme, le Mont Semnoz et, bien sûr, le Mont Blanc, sont des paysages inoubliables. La fonte des neiges m'a laissé songeur : les avalanches, les torrents violents… À croire que la fin du monde viendra par submersion des eaux… J'ai consigné tout ceci dans mes carnets. Mais je devais aussi prendre soin des tableaux que j'ai emmenés avec moi : Saint-Jean Baptiste, L'enfant Jésus et Saint-Anne, et ma chère Joconde.

Ce périple valait la peine. Le Manoir du Cloux, ou plutôt le Clos Lucé, semble être un endroit propice à la créativité...

D'abord, je suis entouré de gens de qualité. Peintres, sculpteurs, orfèvres, ébénistes, jardiniers ou paysagistes venus d'Italie, exercent ici leur talent. Pour ce qui me concerne, je travaille sans relâche. Je mets la dernière main à quelques tableaux, avec l'aide d'un disciple, puisque ma main droite n'est plus aussi sûre. Je poursuis également mes travaux sur l'anatomie, sur mes machines ou sur l'eau. J'ai d'ailleurs de grands projets architecturaux et hydrographiques ! Je réfléchis à un palais royal, à une ville nouvelle à Romorantin, à la construction de canaux d'irrigation et de navigation dans la région. Et surtout à un canal de la Loire à la Saône. Ce serait la première partie d'un chemin plus facile vers l'Italie, qui passerait l'Allier, le Charolais et la Saône-et-Loire… Je ne sais plus où mettre mes carnets de notes.

Château du Clos Lucé, à Amboise
Le château du Clos Lucé, à Amboise.

Trouvez-vous tout de même le temps de vous distraire ?

Je prends surtout le temps de distraire les autres ! Je mets en scène les fêtes royales et rien n'est trop beau pour le plaisir du roi : décors, costumes et tableaux vivants doivent être à la mesure de son prestige. Cela m'amuse beaucoup ! J'ai par exemple conçu un lion automate qui crache des fleurs de lys et un arc de triomphe pour le baptême du dauphin, à Amboise. J'y ai également reconstitué, la prise d'une forteresse, de bois et de toile, pour célébrer la victoire de Marignan. Il y avait des canons qui crachaient du papier et des mortiers envoyaient des ballons qui rebondissaient quand ils touchaient terre. Et que dire de cette féerie nocturne pour laquelle j'ai reconstitué la voûte céleste et le mouvement des astres ? L'Ambassadeur milanais de Mantoue à la cour de France n'en est pas revenu.

Songez-vous à votre postérité ?

Vous parlez du moment où je quitterai ce monde ? Il faut bien, vu mon âge. Mais qu'en dire, sinon que nul être ne va au néant ?

Vos vacances en Touraine, Val de Loire.

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