Dérives ligériennes

On est loin de l’agitation qui régnait encore sur le fleuve au XIXème siècle. Quelques bateliers passionnés font néanmoins revivre l’univers de la marine de Loire en remettant à flot des bateaux traditionnels à fond plat. Dérivons d’Amboise à Candes-Saint-Martin, en passant par Langeais.

On les appelle futreaux, toues, coches d’eau. Si les modèles diffèrent, ces embarcations de bois ont en commun un fond plat qui autorise la navigation même avec un faible tirant d’eau, parfois moins de 30 centimètres. L’été, les bancs de sable sont en effet légion sur la Loire, et le niveau peut être très bas…

Du côté d’Amboise

La Loire - Loïc Lagarde, ADT Touraine

La Loire

Les balades crépusculaires de l’association Millière Raboton rencontrent un franc succès. L’été, aux alentours de 19h, les passagers prennent place depuis les quais d’Amboise sur les bancs de la toue. Loin des commentaires touristiques, le marinier livre son approche intime et authentique du fleuve tout en maniant sa bourde, une longue tige de bois qui propulse l’embarcation en l’absence de vent. Au soleil couchant, le paysage est un ravissement. Alors que la lumière tarde à s’évanouir à la surface de l’eau, le bateau glisse vers la jungle des boires (des bras morts de la Loire), frôle la rive où l’on aperçoit un tronc qu’un castor a grignoté à sa façon, en taille-crayon. Les soirs où la lune est en cavale, l’obscurité devient enveloppante et l’oreille prend le relais, attentive aux chants des grenouilles et aux trilles des rossignols. Celle silhouette furtive, là, à l’étrave, c’est bien un castor, museau relevé au-dessus de l’onde. Chut !

Entre temps, on aura bu un verre de vin de Loire, partagé un casse-croûte, quelques rillons, du chèvre, et fait connaissance. « C’est aussi très plaisant au petit matin, mais les gens rechignent à se lever » plaisante le batelier, qui propose aussi des bivouacs, des piques niques sur une île, des sorties thématiques et autres rencontres avec des pêcheurs.

Millière Raboton

Millière Raboton

Sur la rive droite

En nommant son association Endremage, Alexis Fouché a décidé de rendre hommage à un geste de marinier. « C’est un terme technique qui désigne le passage d’un pont à la voile avec un train de bateaux ». Au départ de Langeais, il assure un départ à partir de quatre passagers, sous le pont suspendu qui enjambe le fleuve royal. Son bateau traditionnel, la Ritournelle, peut accueillir douze passagers. Au choix, une promenade commentée d’une heure ou deux, ou pour les gourmands, une sortie dégustation de vins et de produits du terroir, sans oublier le château de Langeais et son vieux donjon en toile de fonds.

Endremage - Alexandre Lamoureux

Endremage

Patrimoine et galipettes

En aval, de retour sur la rive gauche, la Vienne fait allégeance à la Loire à Candes-Saint-Martin, un ravissant village classé voisin de Montsoreau, son alter-ego angevin. Cette confluence majestueuse est le terrain de jeu de Sylvain et Robin Delaporte, deux frères qui tiennent la barre aussi bien que les fourneaux. La restauration à bord est l’un des grands atouts de l’Amarante, une coche d’eau cosy où l’on peut aussi passer la nuit en amoureux… dans un vrai lit. Aucun risque de se retrouver le lendemain à Saint-Nazaire, le bateau est ancré et les vaillants mariniers d’improvisent boulangers pour le petit-déjeuner à bord le lendemain matin.

Plus petite, la belle Adèle s’inspire d’une toue sablière et présente l’avantage d’être accessible aux personnes à mobilité réduite. On peut ainsi voguer en fauteuil roulant et s’enivrer de paysages classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Leurs croisières gourmandes (jusqu’à 60 couverts) font honneur aux produits et aux vins locaux, notamment aux fameuses galipettes, de succulents champignons de Paris farcis…

En ville, du côté de Chinon et Tours

A Tours, l’association Boutavant organise des sorties (y compris des balades apéros) en amont ou en aval depuis l’embarcadère du pont Wilson, près de la guinguette de Tours sur Loire. Tout près, à Rochecorbon, le capitaine Clément Sirgue se fait aussi une joie de partager ses connaissances du fleuve à bord de La Rabouilleuse, tout comme le commandant de bord du bateau Saint-Martin.

A Chinon, les bateaux de la Compagnie de Navigation Vienne Loire (François et Julien Ayrault), et le Gargantua (Nicolas Lemonnier) promènent sur la Vienne les amoureux de la flore et de la faune au gré de balades allant de 1h à 4h.

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